Le 18 novembre 2025, plus de soixante participants se sont retrouvés pour une après‑midi consacrée à l’élevage et à la prairie. À l’initiative des AREDB Herve‑Fléron‑Visé et Aubel, Montzen, en collaboration avec Eleveo, le CRA‑W et le GAL Pays de Herve, l’événement avait pour objectif de rassembler les éleveurs et les acteurs du secteur autour d’une question :
"Comment valoriser au mieux les prairies et le pâturage dans le contexte actuel ?"
Un compte-rendu détaillant les présentations des différents orateurs, ainsi que les présentations, sont téléchargeables en bas de cette page. ⬇️
Les intervenants
- Benoît Wyzen, conseiller technique chez Eleveo, a dressé un bilan des grandes évolutions du secteur laitier depuis les années 1990.
- Caroline Battheu‑Noirfalise, chercheuse au CRA‑W, a présenté une partie des résultats de thèse sur la contribution de l'élevage bovin à la sécurité alimentaire et la compétition feed-food.
- Luc Delaby, chercheur à l’INRAE Bretagne‑Normandie depuis 40 ans, a partagé ses connaissances et son expérience en matière de prairie, et surtout de pâturage.
En résumé
📊 Etat des lieux
Entre 1982 et 2023, le système laitier du Pays de Herve
s’est fortement transformé : le nombre de fermes a chuté, tandis que la
taille moyenne des troupeaux a plus que doublé et la production par vache a
augmenté.
La prairie reste la principale source de fourrage et
représente environ 90 % de la surface fourragère, mais la part de lait produit
directement à partir de l’herbe pâturée diminue.
L’efficience énergétique par hectare reste
stable, corrélée à la proportion de maïs. La prairie
reste par contre plus efficace pour la production de protéines, à condition
d’être bien utilisée.
🔎Elevage, sécurité alimentaire et compétition feed-food
Si nous observons l’efficience
nette, les systèmes extensifs basés à l’herbe sont les plus performants. Ils
utilisent très peu d’aliments directement consommables par l’Homme et
valorisent pleinement la ressource herbagère.
Si l’utilisation
des terres est intégré à la réflexion, autrement dit la productivité nette, ce sont les systèmes
intensifs intégrant une proportion modérée de maïs qui obtiennent les meilleurs
résultats.
Ces systèmes montrent également qu’il est possible
d’intégrer des aliments partiellement consommables par l’Homme dans la ration sans
compromettre la contribution de l’élevage à la sécurité alimentaire
Toutefois, cette intensification rend ces exploitations plus
vulnérables à une hausse de la compétition feed-food : à mesure que la demande
humaine augmente, la disponibilité et le coût de ces aliments pourraient
devenir un facteur limitant.
🐮L'éleveur, la vache et l'herbe
Le pâturage répond aux intérêts de l'éleveur, de la vache mais aussi de la société. C'est un fourrage complet et économique, les bovins peuvent exprimer leurs comportements sociaux au pré et le pâturage renvoi une image positive et authentique aux consommateurs et citoyens.
La hauteur d'entrée et de sortie sont décisives dans la gestion du pâturage. Il faut également bien connaitre le comportement des vaches afin d'optimiser l'ingestion de l'herbe.
Gérer de l'herbe, c'est gérer des flux : la clé c'est d'avoir un système à l'équilibre. Il faut être capable de jouer avec les différentes variantes : surface, cheptel, apport de fourrage, fertilisation...de la manière la plus optimale possible.
Le système permet de dégager du temps mais demande de la réflexion en amont. Des outils d'aide à la décision existent pour faciliter la gestion du pâturage.
Un système performant à maitriser
Le pâturage reste un
système performant, économique et porteur d’avenir, à condition d’être maîtrisé
et adapté à chaque ferme. Il nécessite un suivi régulier et une gestion des
flux, mais permet de libérer du temps et réduit les coûts de production.
De
plus, il répond aux attentes sociétales, assure le bien-être des animaux si les
prairies sont aménagées en conséquence et à un impact positif sur les
dynamiques territoriales.
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